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March 04

Rallye Trompes des Vosges

 

Vénerie, Trompes, Cors et Orchestre

 

L’origine de la trompe et des trompettes remonte à la plus haute antiquité. On s’en servait pour accompagner les faits d’armes ou célébrer la puissance des guerriers : qu’on se souvienne des fameuses trompettes mises à contribution par les Hébreux pour venir à bout des murailles de Jéricho.

L’usage de cet instrument semble cependant avoir disparu en Occident en même temps que la civilisation antique, pour ne réapparaître qu’à l’approche de la Renaissance.

Le goût de la musique, et la faveur dont elle jouit dans les cours princières, vont faire surgir quantité de nouveaux instruments. Certains d’entre-eux utilisent la résonance des métaux et alliages, dont on a retrouvé les techniques. Le recours à l’embouchure, inventée en Italie au temps de l’Empire romain, permettra d’en mieux utiliser la tessiture et la richesse harmonique.

Ce contexte explique bien que certains de ces instruments aient été appelés à remplacer, dans l’exercice de la chasse par les Grands, les cors et les huchets en corne, en ivoire ou en bois dont se servaient jusqu’alors les veneurs pour encourager les chiens et communiquer entre eux. Dès la première moitié du XVIIe siècle, on voit apparaître à la chasse différentes sortes de trompes (dont celle dite à la “Maricourt”, d’une longueur d’environ deux mètres) qui ajoutent à la fonction signalétique une nouvelle fonction musicale, les signaux cèdent la place à des thèmes musicaux. Louis XIV chargera Philidor l’Ancien de les consigner sous la forme de partitions. Ce fonds thématique sera exploité sans discontinuité tout au long du XVIIIe siècle par la musique de chasse baroque, et encore au début du XIXe siècle par la musique romantique.

Ainsi naît le cor de chasse, qui est l’ancêtre commun de tous les cors utilisés à l’orchestre dans les cours européennes, tant allemande, qu’anglaise, et, bien sûr, française. C’est de lui qu’est  né plus tard le cor à piston pour remplacer toutes les variantes du cor naturel appelé aussi cor à tons.

En France, c’est le cor en ré qui, au début du XVIIIe siècle, prend le pas sur les autres. Son promoteur, le marquis de Dampierre, a remarqué son adéquation particulière à la chasse à cor et à cri pratiquée selon les règles du noble déduit. Gentilhomme au service de la duchesse du Maine, petite-fille du Grand Condé et belle-fille de Louis XIV, il sait lui-même parfaitement s’en servir et connaît admirablement la musique. Devenu gentilhomme des Menus Plaisirs, il décide d’en doter l’équipage du roi, dont la direction lui est confiée à l’approche de la majorité de Louis XV (1723).

D’une longueur de 4,56 mètres, enroulé à 1 tour ½ (à la Dampierre), puis à 2 tours ½ (à la Dauphine), pour s’adapter aux coiffures des veneurs, ce cor est le même que celui qui fut rebaptisé trompe de chasse, au XIXe siècle, lorsque la généralisation de la cape à l’anglaise  permit de l’enrouler à 3 tours ½ (à la d’Orléans).

Désigné jusqu’à la fin du XVIIIe siècle sous le vocable unique de cor de chasse, il était utilisé indistinctement à la chasse et à l’orchestre.

Une différence toutefois, – mais elle est de taille –, réside dans la manière dont on s’en servait alors. Le ton de vénerie, lié à un usage très spécifique de la langue et plus seulement des lèvres, n’existait pas. On sonnait en effet avec le ton classique, qui est celui des cornistes depuis toujours.

Avec quelques sonneurs, tous issus du rallye “Trompes des Vosges”, Hubert Heinrich a retrouvé cet ancien usage de la trompe au sein du conservatoire qui porte son nom. Il a entrepris de redécouvrir des anciennes pratiques musicales oubliées et de leur redonner vie en jouant et adaptant d’anciennes partitions connues ou en sommeil dans les archives à Versailles, Chantilly et ailleurs. Il est aussi l’auteur d’une nouvelle musique de chasse composée pour être exécutée tantôt avec le ton de vénerie, dans lequel excellent les membres de sa formation, tantôt avec le ton classique.

 

 

                                                                                  Guy de Laporte

                                                                                  Président de l’Institut Hubert Heinrich

                                                                                  de musiques de chasse

 

HUBERT  HEINRICH  ET  LA  TROMPE  DE  CHASSE

 

 

Sonneur de trompe de chasse depuis trente cinq ans, Hubert Heinrich est directeur musical du rallye “Trompes des Vosges”, le célèbre groupe de sonneurs établi à Fellering (en Alsace).

 

Hubert Heinrich a, avec ses frères et ses amis, évolué avec constance dans l’art du bien sonner et porté l’instrument à des sommets peu ordinaires. Arrangeur, plus largement compositeur depuis sa jeunesse, il écrit des œuvres qui sont jouées dans tous les pays où la trompe de chasse est pratiquée.

 

Formateur, moniteur depuis un quart de siècle, il s’est attaché aux valeurs fondamentales de la pédagogie. Couronné champion de France solo en 1983, il visite bénévolement chaque année des centaines de sonneurs et nombre de formations musicales dans plusieurs pays, afin de faire partager sa passion.

 

Sollicité de toutes parts pour transmettre son talent et ses connaissances musicales, désireux par ailleurs de pousser la recherche et la créativité au-delà du registre traditionnel de la vénerie, il a créé en 1998 à Gemonval, dans le cadre de l’Institut de Musiques de Chasse qui porte son nom, une école internationale, une formation orchestrale et des éditions musicales.

 

Lauréat de la Fondation Lefort-Beaumont de l’Institut de France, Hubert Heinrich en a reçu en février 2004 un prix récompensant son travail de recherche et de pédagogie pour retrouver l’usage original de la trompe de chasse dans le contexte de la création musicale des XVIIe et XVIIIe siècles.

 

Lors de la séance solennelle de rentrée des cinq Académies 2003,

sous la coupole de l'Institut.  Cl. Brigitte Eymann © Institut de France

 

Orchestre de l’Institut Hubert Heinrich

de musiques de chasses

 

Chef d’orchestre : Michel Garzia

 

 

 

Cet orchestre a été constitué par Hubert Heinrich, dans le cadre de l’Institut de musiques de Chasse qui porte son nom, pour exécuter des musiques anciennes ou contemporaines utilisant l’actuelle trompe de chasse en tant que cor naturel.

 

En effet, Hubert Heinrich, qui pratique en virtuose cet instrument depuis l’âge de dix ans, est un authentique musicien, passionné de musicographie.

 

En remontant l’histoire de cet instrument, né dans les orchestres de musiques de cour du XVIIe siècle, il a redécouvert un registre très riche de musiques de chasse des XVIIe et XVIIIe siècles, originellement composées pour cor naturel.

 

C’est pour redonner vie à ces musiques et exécuter de nouvelles créations qu’il a réuni cette formation d’orchestre autour de Michel Garzia, par ailleurs directeur musical de l’orchestre de la ville de Saint-Louis.

 

Les six grands solistes de l’orchestre sont : Hubert Heinrich lui-même, Christian Conte, Philippe Carabon, Roland Geniss, Bernard Heinrich et Bernard Ziegler.

 

 

 

 

February 04

paroles des fanfares tome VIII

La Chasse aux Loups

 

Guêtres aux pieds, pain base en main

Où donc vas-tu si bon matin

Où donc vas-tu si bon matin

Où donc vas-tu mon Corentin,

Tous nos gars ont pris rendez-vous, hou-hou

Pour aller à la chasse aux loups, à la chasse aux loups

 

Pourquoi n'as-tu donc pas aux pieds

Pourquoi n'as-tu donc pas aux pieds

Tes lourds sabots de châtaignier

Mais tes fins et légers souliers

Nous avons à forcer les loups, hou-hou

Chaussés de bons souliers à clous, de souliers à clous

 

Souperez-vous donc dans les bois

Souperez-vous donc dans les bois

A ta boutonnière je vois

Ta vieille cuillère de bois

Après avoir chassé les loups, hou-hou

Nous mangerons la soupe aux choux, la soupe aux choux

 

Mais pourquoi donc as-tu cousu

Mais pourquoi donc as-tu cousu

Sur ton cœur le cœur de Jésus

Mis ton chapelet par-dessus

C'est qu'avant de traquer les loups, hou-hou

Ils devront se mettre à genoux, se mettre à genoux

 

Et que vas-tu chasser ainsi

Et que vas-tu chasser ainsi

Avec le couteau que voici

Sans emporter ton vieux fusil

Ne sais-tu donc plus que chez nous, hou-hou

C'est au couteau qu'on sert les loups, qu'on sert les loups

 

Adieu mon ami Corentin

Adieu mon ami Corentin

Va t'embusquer dans un ravin

Au fond du hallier vendéen

Quand la nuit hurleront les loups, hou-hou

Fais ta prière et pense à nous, et pense à nous

 

 

 

 

 

La d’Aubigny

 

Les temps ne sont plus où les châtelaines,

Du haut de leur antique donjon

Regardaient passer au loin dans la plaine

Le vol rapide des noirs faucons.

 

La d’Aubigny sonnait en Chapaize

Ses plus fiers accords

Et l’on entend quand le vent s’apaise

Raire un vieux dix cors.

 

Les temps ne sont plus où leurs dentelles

De jolis pages aux blonds cheveux

Se pâmaient d’amour en s’approchant d’elles,

Pour un seul regard de leurs yeux.

 

La d’Aubigny sonnait en Chapaize

Ses plus fiers accords

Et l’on entend quand le vent s’apaise

Raire un vieux dix cors.

 

Les temps ne sont plus où partant en chasse,

Toute une harde de grands seigneurs

S’en allaient traquer le cerf qu’ils pourchassent

Sonnant des trompes de tout leur cœur.

 

La d’Aubigny sonnait en Chapaize

Ses plus fiers accords

Et l’on entend quand le vent s’apaise

Raire un vieux dix cors.

 

 

 

 

 

La Dorlodot

 

Et gaiement, le verre en main,

Buvons aux chasseurs,

Chantons en chœur.

De nos chants, que le refrain

Dise des veneurs,

La noble ardeur.

 

Le sanglier fuit bruyamment

Et du hallier sort prestement.

Sur son cheval au grand galop,

Il est suivi par Dorlodot.

 

Et gaiement, le verre en main,

Buvons aux chasseurs,

Chantons en chœur.

De nos chants, que le refrain

Dise des veneurs,

La noble ardeur.

 

La meute presse et fait faveur,

Emplit le bois de ses clameurs.

De la chasse, j’entends l’écho.

Rallye là-haut à Dorlodot.

 

 

 

La mort du limier

 

Un vieux chien s’aperçoit que son jarret se lasse

Et son flair si subtil, maintenant le trahit.

Comprenant que son cœur, avec l’âge se glace,

Un chagrin sombre l’envahit.

 

Pourtant il na veut pas, comme un roquet vulgaire,

Finir ignoblement sur un tas de fumier

Lui qui d’un équipage en renom fut naguère

Le plus impeccable limier.

 

C’est en pleine forêt, aux alentours d’un chêne

Où plus d’un solitaire a tenu les abois

Qu’il tombera, laissant sa dépouille mortelle

Au tombeau muet des grands bois.

 

Là, se couchant en rond, dans la douceur des herbes

Avant de trépasser, il veut revivre encore

Les souvenirs lointains, les hallalis superbes,

Aux accents éclatants du cor.

 

Et les beaux rendez-vous, les jours de grande chasse,

La clameur des lancers, les galops furieux,

La curée aux flambeaux, au pied de la terrasse

Tout lui revient devant les yeux.

 

Il songe au vieux piqueux son compagnon de gloire

En même temps que lui, dans un combat blessé,

À la blonde duchesse aux fluets doigts d’ivoire

Dont il fut un jour caressé.

 

Il songe et lentement se lève de sa couche

Croyant ouïr la voix qui le hélait souvent

Puis appuyant son flanc trop lourd à quelque souche

Il meurt debout, le nez au vent.

 

 

 

 

 

La Rallye Valette

 

Oh ! Veneurs, regardez qui nous arrive,

Ce sont les amis de la Sorinière.

Ces chasseurs pleins de joie et pleins de fougue

Sauront garder les mêmes traditions qu’à Valette

 

Et à la chasse comme au chenil,

Leur amour sera porté aux chiens.

Et en forêt comme à la Sainte Table,

Ils auront toujours le même entrain.

 

Oh ! Veneurs, que nos belles trompes résonnent

Au plus profond des bois et des ravins,

Et qu’au bois du Paradis Bordier nous sonne

La Rallye Valette, fanfare du grand maître défunt.

 

 

 

 

Le grand retour de chasse

 

Quand la nuit tombe, une colombe rode sans bruit

Sous la ramée, calme embaumé, le jour a fui.

Dans tes bois … dans tes bois

Plein d’émoi … plein d’émoi

Le cerf aux abois

Fut forcé, … si lassé,

Harassé, … terrassé

Bellement chassé.

Après une si jolie fête,

A partir, il faut qu’on s’apprête

Piqueurs et valets.

Rappelez vos chiens perdus dans la forêt.

Au manoir, dame châtelaine

Nous remerciera de nos peines,

Piqueurs et veneurs

En rentrant nous lui sonnerons les honneurs.

La biche pleure au bord de l’étang

Car son faon est mort et pourtant elle attend.

Un vieux dix cors va la consoler,

Tends les jarrets, gare au prochain bien-aller

 

Ah ! Vive la chasse

Roi des plaisirs, car sans loisirs

Il nous faut courir

Sans qu’on se lasse

Par les forêts, les champs et les guérets.(BIS)

 

Adieu, adieu, belle forêt

Rentrons au château sans arrêt,

L’heure du retour a sonné

Et aussi celle du dîner

 

Quittons nous dans l’espoir

De bientôt nous revoir.(BIS)

 

Plus d’hallali, car c’est fini

Pour aujourd’hui

Rentrons sans bruit !

 

 

 

 

Les 80 Chasseurs

 

A l’ouverture de la chasse

Une marquise au frais minois, au frais minois

A traquer le cerf dans les bois

Invita des amis en masse

Piqueurs, rabatteurs et sonneurs,

Tous vinrent en fendant la bise.

 

Au rendez-vous de la marquise

Nous étions 80 chasseurs

Au rendez-vous de la marquise

Nous étions 80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

Qui n’avaient pas peur

 

Allons chasseurs vite en campagne

Dit la marquise en s’élançant, en s’élançant.

La cravache au fond de son gant blanc.

Le son du cor nous accompagne.

On entendit des cris vainqueurs

Car au loin la bête était prise.

 

Faisant suite à notre marquise

Nous étions 80 chasseurs

Faisant suite à notre marquise

Nous étions 80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

Qui n’avaient pas peur

 

Pour célébrer notre victoire,

Dit la marquise en mon château, en mon château,

Rentrons vite au grand galop

Car il nous faut manger et boire

Que le bon vin grise nos cœurs

Et que la gaieté soit de mise.

 

A la table de la marquise

Nous étions 80 chasseurs

A la table de la marquise

Nous étions 80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

Qui n’avaient pas peur

 

Après ce repas magnifique

Tous les chasseurs brûlaient d’amour, brûlaient d’amour.

Soudain la marquise à son tour

Fut prise d’un élan lubrique

Chacun d’entre eux lui prit

Le cœur à 2, 3 ou 4 reprises.

 

Et dans le lit de la marquise,

Nous étions 80 chasseurs

Et dans le lit de la marquise,

Nous étions 80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

Qui n’avaient pas peur

 

Ce fut une nuit de folie

Et la marquise 9 mois plus tard, 9 mois plus tard,

Mit au monde un joli moutard

A la mine fraîche et réjouie.

De ce jour ignorant l’auteur

Il demande à ce qu’on l’instruise

 

Tu es, lui dit notre marquise

L’enfant de 80 chasseurs.

Tu es lui dit notre marquise

L’enfant de 80 chasseurs.

80,80,80,80,80 chasseurs

80,80,80,80,80 chasseurs

Qui n’avaient pas peur

 

 

Les derniers adieux

 

Comme un écho plaintif de la vallée

Dans l’infini, écoute ces accords,

Et que là-haut ton âme consolée

En les entendant les redise encore.

 

Ton souvenir, lui, vivra dans nos pensées

La trompe en main, bien des fois par nous il fut évoqué

Et souvent en forêt par les nuits étoilées

Ce beau refrain, tous en ton honneur nous l’avons sonné.

 

T’en souvient-il, l’ami, de ces soirées

Dans un vallon tout noyé de vapeur,

Nos fanfares, aux fanfares mariées,

Au loin se perdaient dans les profondeurs.

 

Tes sons éclatants dominaient nos harmonies,

Jamais le cuivre sous tes lèvres n’a si bien résonné,

Jusqu’au fond des grands bois tes notes infinies

Allaient revivre et donner l’alarme aux fauves étonnés.

 

Puissent, perçant les plaines éthérées,

Monter vers toi, qui plane dans les cieux,

Ces voix du cœur par nos trompes fleuries,

De tes vieux amis ce sont les adieux.

 

 

 

 

Les échos de Beaulieu

 

De ses hauteurs dominant la vallée,

Le château de Beaulieu dans ses bois

Ouvre sa porte à toute la passée.

C’est le vrai bon accueil d’un roi.

 

Sourcils, colère, mais le cœur bien ouvert,

Hochett’ va lui-même vous servir

De ce très bon muscadet de Valette

Qui de tous maux va vous guérir.

 

Des temps passés ayant bonne mémoire,

Il est toujours là, gardant sous sa main

Les fils de Mareuil qui quand même veulent croire

Au jour glorieux qui sera demain.

paroles des fanfares tome VII

Derrière chez nous

 

Derrièr’ chez nous, il est une montagne.

Moi, mon amant, nous la montions souvent.

Moi, mon amant (bis)

Nous la montions souvent.

 

Déridéra, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la, la

Pour la monter, il est beaucoup de peine,

En descendant, mille soulagements,

En descendant (bis)

Mille soulagements.

 

Derrière chez loi, il est une fontaine

Toute fleurie de beaux lauriers d’amour.

Derrière chez nous, le rossignol y chante, soir et matin,

A la pointe du jour.

Et il nous dit, dans son joli langage,

Les amoureux sont souvent malheureux

Le mal d’amour est une maladie,

Le médecin ne saura la guérir.

Accorde-moi, ma charmante maîtresse,

Accorde-moi un peu de liberté.

Quelle liberté veux-tu que je donne ?

Quand mes parents m’ont défendu d’aimer.

J’irai mourir dans un lieu solitaire,

Derrièr’ chez nous, sur un coin de rocher.

 

 

 

 

La biche aux bois

 

Oh ! si j’avais diamants et couronnes,

Je les mettrais à tes pieds pour avoir

Un regard de ton aimable personne

Plein de feu que lance ton œil noir.

 

Oh ! toi que j’aime

D’amour extrême,

Daignes accepter et ma main, et mon corps et mon cœur

En cette vie

Ma douce amie

C’est de toi seule que j’attends le bonheur.

Entends-tu là-bas

La biche dans les bois.

Le chasseur la chasse mais ne la tue pas.

N’entends-tu pas dans le vallon

Le chasseur sonner du clairon

 

Ton doux sourire, ton regard admirable,

Ta taille fine et tes traits enchanteurs,

Seule n’est pour moi mille fois préférable

Que la folie de toutes les grandeurs.

 

Oh ! toi que j’aime

D’amour extrême,

Daignes accepter et ma main, et mon corps et mon cœur

En cette vie

Ma douce amie

C’est de toi seule que j’attends le bonheur.

Entends-tu là-bas

La biche dans les bois.

Le chasseur la chasse mais ne la tue pas.

N’entends-tu pas dans le vallon

Le chasseur sonner du clairon

 

Oh ! si j’osais, sur tes lèvres mi-closes

Prendre un baiser, le refuserais-tu ?

Tu ne dis rien, ni tu parles, ni tu n’oses.

Je suis heureux, tes yeux ont répondu.

 

 

 

 

 

La biche_

 

La biche au fond des bois

Heureusement va parmi les buissons

Lorsque tout à coup des voix

Sur sa peau fond courir de grands frissons.

 

En chasse, en chasse

Voici les chasseurs

Qui passent, qui passent.

Voici les chasseurs

 

La biche au fond des bois

Affolée se cache parmi les buissons.

Mais déjà les chiens aboient.

La mort à cheval pointe à l’horizon.

 

En chasse, en chasse

Voici les chasseurs

Qui passent, qui passent.

Voici les chasseurs

 

La biche au fond des bois

Tressaille immobile parmi les buissons.

Son cœur tremble aux abois,

Elle se blottit sur le vert gazon.

 

En chasse, en chasse

Voici les chasseurs

Qui passent, qui passent.

Voici les chasseurs

 

La biche au fond des bois

En silence attend parmi les buissons.

Personne ici ne la voit,

Mon dieu que le cor a un triste son.

 

En chasse, en chasse

Voici les chasseurs

Qui passent, qui passent.

Voici les chasseurs

 

La biche au fond des bois

Joyeuse se lève parmi les buissons.

Puis à la source elle boit,

Tandis que le vent reprend sa chanson.

 

En chasse, en chasse

Voici les chasseurs

Qui passent, qui passent.

Voici les chasseurs

 

 

 

 

 

 

La bourrée du cor

 

Là-haut, tout là-haut

Dans le fond des grands bois,

Il nous vient des voix

Qui appellent à l’amour.

Ton corps me tient chaud,

Je sens ton cœur qui bat,

Reste près de moi

Et vivons notre amour.

 

Oh ! toi ma belle

Que mon cœur appelle,

As-tu entendu

Le beau son du cor ?

Sous la

Pleine de verdure,

Viens plus près de moi,

Je t’aimerai plus fort.

 

Je voudrais encore,

Quand je suis près de toi,

Ecouter ensemble

Le joli chant du cor,

La forêt qui tremble

Sous le souffle du vent,

Dans ce beau décor

Je t’aime plus encore.

 

Oh ! toi ma belle

Que mon cœur appelle,

As-tu entendu

Le beau son du cor ?

Sous la

Pleine de verdure,

Viens plus près de moi,

Je t’aimerai plus fort.

 

Reviens chaque jour,

Je t’en prie mon amour,

Car il faut encore

Ecouter-er le cor,

Car je veux toujours

Conserver cet amour

Qui naquit un jour

En écoutant le cor.

 

 

 

 

La bredouille.

 

Qu’il est beau notre cerf

En bordure du bois

Sous sa belle parure

Il reste bien le roi.

Sortant de la ramure

Il écoute les voix

Les bruits de la nature

Et les chiens qui aboient.

 

Entends-tu là-bas

La meute qui aboie

Et le son du cor

Qui vibre dans les bois ?

Au fond de la plaine

On écoute les voix

Cette mise en scène est réservée pour toi.

 

Il reste vigilant,

Se méfiant du danger.

Il sait que le chasseur

Est derrière les fourrés.

La biche qui le suit

Avec son petit faon

Se faufile en douceur

Pour cacher son enfant.

 

Entends-tu là-bas

La meute qui aboie

Et le son du cor

Qui vibre dans les bois ?

Au f